Comportements
intégrés / acquis
quelle(s) différence(s) ?

Comportements intégrés

Intégrer est une action qui consiste à faire absorber une chose ou l’associer à d’autres éléments dans le but d’avoir un résultat homogène, dont l’assimilation serait complète et définitive.

Avoir assimilé un savoir, des connaissances.

Un comportement intégré naît :

  • Des associations (apprentissages propres au chien liés à son environnement et ses expériences).
    Ex : vous touchez au paquet de croquettes, votre chien s’approche.
    Le chien sait à quoi ce bruit est lié, vous ne lui avez pas appris au sens propre.
  • Des conditionnements (volontaires ou non), entre autres, des apprentissages uniquement par le biais de l’humain, ce depuis chiot, ceux-ci sont également possibles avec le chien adulte.
    Ex : nom du chien + gestuelle + ordre* assis = le chien s’assoie.
    Le chien détenant une grande capacité de mémorisation et d’adaptation sera en mesure, toute sa vie durant, de reproduire tous types de comportements, à chaque ordre* et sollicitation.

Afin que ces apprentissages soient bien transmis, une relation basée sur la cohérence, la patience et la confiance me semble primordiale. De plus, la communication inter-espèces doit être claire, réalisée avec justesse par le biais de la gestuelle et du visuel, l’essence même des interactions entre l’homme et le chien. Celle-ci est souvent complétée par le langage oral, pont communicatif inné et confortable pour l’humain, contrairement au monde canin, majoritairement olfactif et corporel.

Je vous propose maintenant d’explorer la différence avec le comportement acquis.

*Ordre. Je précise que je n’affectionne pas particulièrement ce terme, bien qu’il soit adapté. Il génère encore, pour beaucoup, une connotation « négative » en lien avec ces notions de dominance/chef de meute/mâle alpha/dressage à l’ancienne… celle-ci étant pour moi RÉVOLUES et inadaptées à l’heure actuelle. Cela induit d’assommer nos chiens d’ordres pour TOUT et finalement finissent par ne plus « obéir », car saturés. On peut obtenir bien plus avec les bonnes connaissances et attitudes, basées sur une relation saine et respectueuse de ce qu’est le chien et non sur la représentation que l’on s’en fait.

Louis Aragon
Artiste, écrivain, poète, romancier (1897-1982)

Comportements acquis

Sens 1 : qui n’est pas inné mais est le fruit de l’adaptation d’un individu vivant à son environnement.
Sens 2 : qui est acquis de façon définitive.

Savoir obtenu par l’étude ou l’expérience : vivre sur son acquis.

Après lecture du dicton et définitions ci-dessus, on peut vite se perdre quant à l’utilisation de ce terme. J’expose donc un simple point de vue, sur le fait que dans nos relations, tant avec les animaux (les chiens, concernés ici), qu’entre humains (mais ceci est un autre sujet), rien n’est acquis.

Pourquoi ?

Sans aller chercher très loin, retenons « état émotionnel ». Je souhaite également ajouter qu’une relation, quelle qu’elle soit, se construit, se « travaille », entendons-nous. Ce « fameux état » est donc variable selon ce que l’on vit.

Ex : il est possible, en une seule journée, d’être à la fois triste, en colère, en joie, serein…etc.

Vous comprenez donc que nos actes, paroles et réactions(…etc), seront induits de cet état, à des instants T, au fil du temps. Nous évoluons et traversons tous des phases différentes et périodiques, notre vie durant. Celles-ci ayant un impact sur l’état émotionnel général, également sur le comportement de nos chiens, bien plus que nous ne pourrions l’imaginer. Une phrase que j’entends très fréquemment :

Tout est dit dans ces quelques mots, en revanche : « Avons-nous concrètement réfléchi au sens de cette phrase… ? » à méditer.

Pour comprendre, les chiens (selon leurs tempéraments et autres facteurs) répondent sans cesse aux stimuli présents dans leur environnement. Ils sont donc en réponse (quelle qu’elle soit) quasi-constante, à ce que nous vivons, faisons et sommes, ajoutez à cela, leurs propres états émotionnels et individualités.

Pour être plus concrète, prenons un exemple : vous êtes en promenade, vous allez traverser une route et souhaitez rattacher votre chien, or un autre chien est présent 100 m plus loin, de l’autre côté de celle-ci. Évidemment que votre chien l’a vu, bien avant vous. Vous l’appelez, mais cette fois-ci, il ne vous écoute pas. Il met plus de 2 min à revenir (semblant une éternité à ce moment précis…) après avoir utilisé toutes les cordes à votre arc, au lieu des 30 s habituelles, congénère ou non à l’horizon.

La conséquence ?

On s’énerve plus pour obtenir moins, les pensées qui vont avec : « Il se moque de moi », « Il me teste », « Il est têtu », « NORMALEMENT, il obéit »…

La cause ?

Peur que votre chien se fasse renverser à vouloir rejoindre le congénère en vue ? Ou encore sa désobéissance vous semble intolérable ? Ou étiez-vous en colère, triste ce jour-là ? Les raisons sont multiples et surtout propres à chacun.

Je vous propose donc des exemples de facteurs, qu’il me semble important d’observer afin d’y être attentif dans le futur, pouvant expliquer l’exemple ci-dessus et autres situations :

  • L’évolution et l’état de la relation, nos peurs, nos appréhensions.
  • Les contextes et facteurs environnementaux (présences d’autres individus, vélos…).
  • La façon de réceptionner/interpréter le(s) comportement(s).
  • Le tempérament du chien et le vôtre, son caractère, sa morphologie, son âge, son vécu…
  • Ce qu’il a appris de lui-même et par votre biais.
  • La présence ou rencontres d’autres congénères… (cf. à savoir)

À savoir

Outre l’odeur individuelle, les tranches d’âge (chiot, « adolescent », adulte, senior), également, chien entier, chienne en période de chaleur, chien malade, venant d’être lavé et/ou parfumé, sortant du vétérinaire…etc, sont des odeurs supplémentaires pouvant influer lors des interactions entre chiens.

De plus, les facteurs évoqués peuvent également expliquer un problème de comportement éteint qui réapparaît du jour au lendemain. En ayant conscience de l’élément déclencheur et en comprenant les causes sur le comportement qui perdure, vous serez à même de reprendre la ligne de conduite dans laquelle vous étiez pour « rééteindre/cesser/diminuer… » celui-ci, potentiellement non adapté et toléré, dans les codes sociaux humains. De plus, certains comportements ponctuels resteront inexpliqués, inexplicables et surtout passagers ! Dans ce cas, la seule chose que je recommande : simplement accepter, attendre que cela passe et celui-ci finira par s’éteindre de lui-même.

Pour conclure, vous comprenez maintenant pourquoi j’expose que rien n’est acquis avec le chien, car si c’était le cas, cela reviendrait à penser que le chien doit fonctionner comme un robot. Or, c’est pour bien d’autres raisons, j’imagine, que nous faisons le choix d’avoir un animal chez soi (en tout cas, je le souhaite !).

Une des clés pour une relation saine : « prendre du recul ». Se remémorer les situations positives pour retrouver ce qui a permis ceci et le reproduire le plus fréquemment possible. De ce fait, l’équilibre peut s’affiner dans la relation.

Je suppose que plus nous devenons responsables et attentifs à ce que l’on ressent, pense, dit ou fait, dans la plus grande des honnêtetés, plus nous devenons cohérents et justes. Les situations inconfortables le sont de moins en moins car nous apprenons à cohabiter avec nos émotions. Ceci nous aidant à nous diriger vers un mieux-être, selon moi, une des premières pistes à explorer. Enfin, grâce à cette prise de recul, cela nous amène à être plus indulgents et doux avec nos animaux.

S’ils étaient une source d’apprentissage de nos mécanismes intérieurs, un reflet de notre état d’être… ? Que pourrions-nous apprendre ?

Le chien reflet de nos émotions ? Sujet d’un prochain article.
En vous remerciant pour votre intérêt et temps de lecture.

Maëva

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